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[ZOOM] Quel est votre avis sur ce livre pour enfants ?

Je ne vais pas passer par 4 courants marins, je n’ai pas apprécié cette lecture. Je vous dis pourquoi…

Il fait partie des premiers livres que j’ai choisi pour les puces à la Médiathèque Emile Zola de Montpellier.

J’ai été attirée par l’histoire d’un poisson, par les couleurs pastels et les paillettes de la couverture, le format classique qui offre de grandes illustrations, et ce petit poisson tout mignon qui à l’air si gentil (et qui a dû faire de la chirurgie esthétique à base de graisse de baleine, parce qu’il ne change pas d’expression du début à la fin du livre, hihi).

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Voici le résumé « Arc-en-ciel est le plus beau des poissons de tous les océans. (…) Mais il est si fier est vaniteux qu’il en est aussi très seul (NDLR : ça ne se voit pas sur les dessins). Un jour il offre à un petit poisson l’un des ses belles écailles. Puis une autre, puis beaucoup d’autres, et il découvre enfin qu’il n’y a de vrai bonheur que dans le partage ».

En théorie, je suppose qu’on est tous d’accord pour s’accorder à dire que la prétention, la vanité, l’égocentrisme, le narcissisme, ne sont pas des attributs qualificatifs que l’on souhaite à nos enfants et qu’on leur inculque le respect des autres, de la différence, la générosité, la tolérance, le partage etc. OK !

J’ai commencé la lecture avec un enthousiasme certain véhiculé par les jolis dessins et l’originalité du scintillement des pages. Mais plus je lisais, plus je me sentais mal à l’aise dans l’orientation que prenait la lecture et le positionnement moral.

Livre pour enfants

On nous présente le poisson comme le plus beau de touuuuus les océans grâce à ses écailles. Il ne veut pas jouer avec les autres poissons et ne s’occupe que de faire briller ses écailles irisées.

Un poisson tout bleu (ce qui peut être très joli aussi!) le suit et lui demande d’entrée une de ses belles écailles, puisqu’il en a tellement. Euh…ok. Arc-en-ciel se débarrasse de lui vite fait. Et personne au fond de l’océan ne lui adresse, suite à cela, la parole.

« A quoi servent les plus belles écailles du monde s’il n’y a personne pour les admirer ? » se dit-il…

Un étrange animal des mers (je ne vous spoile pas trop en disant cela^^) lui conseille de donner une de ses écailles chaque fois qu’il rencontre un poisson qui le lui demande.
« Je ne pourrai jamais être heureux sans elles », ressent-il d’abord.

Et le poisson bleu revient de nouveau, malgré le fait qu’il se soit fait jeter la première fois et qu’il ait balancé Arc-en-ciel à tout le monde, pour encore lui racketter une écaille brillante  ! Il lâche rien lui.

Bon je vous épargne les détails mais tous les poissons lui réclament une écaille, qu’il donne, il lui en reste qu’une et ils deviennent ses amis, du coup tout le monde est heureux.

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Ce qui me gène le plus c’est que le texte mentionne que les écailles brillantes d’Arc-en-ciel en font le plus beau de tous les océans. Le critère physique est tellement mis en avant.

Ensuite, si ses écailles et sa beauté le rendent vaniteux, pourquoi les autres poissons l’admirent-ils et veulent lui prendre sa beauté qui finalement le rend laid (de manque de valeurs) ?

Ensuite, Arc-en-ciel a bien le droit d’être vaniteux et prétentieux. Et les autres poissons de réagir en conséquence. Mais les écailles symbolisent la protection, la peau, ce qui nous protège de l’extérieur, une peau qui fait ce que nous sommes, la Nature qui donne certaines choses à certains, et d’autres atouts à d’autres… c’est un peu comme si on lisait une histoire dans laquelle une jolie princesse avec de beaux cheveux fournis était égoïste et se voyait dans l’obligation de s’arracher les cheveux pour en distribuer et se faire des amies qui sont envieuses de ne pas avoir cela également. Pourquoi ??? Pourquoi s’enlever une partie de soi pour satisfaire les autres qui ne se trouveraient pas assez bien ?

J’aurais préféré que l’animal des mers lui conseille de s’ouvrir aux autres, d’aller vers eux en se montrant tel qu’il est à l’intérieur, et de les amener à voir autre chose que ses écailles brillantes, puisqu’apparemment ils n’en sont pas capables.
Et qu’Arc-en-ciel se fasse connaître en se trouvant une utilité, un talent, qu’il partage et dont il se sert pour aider les autres : que ses écailles brillantes deviennent des miroirs par exemple, si jolis qu’ils renvoient une image valorisée de chaque poisson qui s’y regarde et qu’il voit instantanément ses qualités, PAR EXEMPLE !!!

Mais quand même !! c’est quoi cette histoire où il faut se défaire de parties de soi que les autres admirent pour les contenter et être entouré. Hn, hn, pas d’accord.

Alors j’ai lu l’histoire aux puces. Elles ont trouvé le poisson gentil, bien sûr. Et j’ai soutenu la notion de partage. Mais sans s’ôter quoi que ce soit à soi-même et en donnant avec entièreté, pas parce qu’un animal esseulé dans une grotte noire et profonde nous dit de nous défaire de tout ou presque ! Il fait quoi lui tout seul dans son trou ? Il vient donner des conseils pour se faire des amis… moi j’aurais pas confiance !!

Et je leur ai donc dit que je n’étais pas du tout en accord avec la nature de la morale de cette histoire et qu’il est possible plutôt de faire ceci ou cela pour être sociable et se rapprocher des autres, et partager, donner avec son coeur…

A vous de trouver la fin qui vous convient également si vous le souhaitez ! C’est la magie des histoires, on les interprète selon notre vécu, notre propre histoire, et on les lit en transmettant les valeurs que l’on plébiscite pour nous loulous….

Mon coup de nageoire en queue de poisson est terminé 😉

 

Arc-en-ciel, le plus beau poisson des océans
Marcus Pfister
Editions Nord-Sud

 

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